

Le processus de vente ou d'achat d'un bien immobilier bâti ou d'un terrain est un processus complexe. D'une part en raison du formalisme particulier qu'il requiert, d'autre part en raison des nombreuses embûches qui peuvent se présenter.
Il est possible :
Pour votre sécurité, la profession d'agent immobilier est strictement encadrée par la loi du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet, et son décret d'application du 20 juillet 1972.
Ces textes, outre qu'ils fixent les conditions d'accès à la profession (la carte professionnelle est délivrée par la préfecture), imposent aux agents immobiliers de disposer d'une garantie financière, et d'une assurance couvrant leur responsabilité civile professionnelle.

L'agent immobilier doit s'assurer du bon déroulement de la transaction.
Il vérifie les titres de propriété du vendeur, et devra s'assurer de l'accord de plusieurs personnes notamment dans les cas d'indivision successorale et lorsque que le bien est commun à deux époux.
Lorsque le bien est en copropriété, l'agent immobilier doit réunir les pièces nécessaires, notamment : le ou les numéros de lots, le règlement de copropriété, les procès-verbaux des deux dernières assemblées générales, le dernier budget prévisionnel voté, le montant des charges supportées l'année précédente, la nature et le montant des travaux votés et non encore exécutés, l'échéancier de l'appel de fonds concernant ces travaux, etc.
L'agent immobilier doit disposer d'un mandat écrit qui fixe ses pouvoirs et ses obligations. Il en existe deux formes principales : les mandats simples, et les mandats exclusifs.
Dans le cadre d'un démarchage à domicile, le vendeur (le mandant) bénéficie d'un délai de rétractation de 7 jours, en vertu des dispositions du Code de la consommation, article L 121-22 et suivants. Le mandat doit alors présenter une partie détachable permettant au signataire de faire jouer sa faculté de rétractation.
Le mandat doit indiquer clairement le montant des honoraires du mandataire (l'agent immobilier), et préciser qui en a la charge.

La transmission de propriété d'un bien immobilier est soumise à plusieurs dispositions réglementaires concernant le bâti. Concrètement, le vendeur doit fournir un certain nombre de diagnostics obligatoires concernant son bien (synthèse des diagnostics).

Tout lot de copropriété d'une surface supérieure à 8 m2, à l'exception des caves et emplacements de stationnement doit faire l'objet d'une mesure précise de sa surface, selon les dispositions de la loi N° 96-1107 du 18 décembre 1996 dite loi Carrez, et du décret N° 97-532 du 23 mai 1997.
Ce document n'a pas de limite de validité, sauf dans le cas où le bien a été l'objet de modifications.

Tout bien immobilier d'habitation, dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997 doit faire l'objet d'un diagnostic technique relatif à la présence éventuelle d'amiante, qu'il s'agisse des parties privatives ou des parties communes en cas de copropriété.
Le technicien pourra effectuer des prélèvements sur les éléments susceptibles de contenir de l'amiante, dont l'étude sera confiée à un laboratoire habilité.
Le constat, définitif en l'absence d'amiante, ne présente pas de limite de validité.
Ces mesures découlent du décret N° 96-97 du 7 février 1996, modifié par le décret N° 97-855 du 12 septembre 1997.

Tout bien immobilier situé dans une zone contaminée ou menacée de contamination, définie par arrêté préfectoral, doit faire l'objet d'un état parasitaire concernant à la fois les parties privatives et les parties communes en cas de copropriété.
L'expert doit mentionner les éléments infestés ou ayant été infestés.
Attention, le diagnostic doit avoir été établi depuis moins de 6 mois au jour de la signature de l'acte authentique.
Ces dispositions découlent de la loi N° 99-471 du 8 juin 1999, du décret N° 2000-61 du 3 juillet 2000, de l'arrêté du 10 août 2000, de l'art. R 271-5 du CCH, et des arrêtés préfectoraux.

Tout immeuble construit avant 1948, et situé dans un département défini comme étant à risques par arrêté préfectoral doit faire l'objet d'un diagnostic d'accessibilité au plomb.
Le diagnostic doit avoir été établi depuis moins d'un an au jour de la signature de l'avant-contrat.
Ces mesures découlent de la loi N° 98-657 du 29 juillet 1998, des décrets N° 99-483 et 484 du 9 juin 1999, et des arrêtés préfectoraux.

Le diagnostic des installations intérieures gaz est obligatoire depuis le 1er novembre 2007. Il porte sur l'état des appareils et des tuyauteries, ainsi que sur l'aménagement des locaux, et concerne les installations réalisées depuis plus de 15 ans, et ce quel que soit le type de gaz.
Le diagnostic doit avoir été établi depuis moins de 3 ans au jour de la signature de l'avant-contrat.
Ces dispositions découlent des art. L 134-6, et R 134-6 à R 134-8 du CCH, issus du décret N° 2006-1147 du 14 septembre 2006.

Le diagnostic des installations intérieures électriques sera obligatoire au 1er janvier 2009. Il concernera les installations réalisées depuis plus de 15 ans.

Depuis la publication du Décret N° 2003-1389 du 31 décembre 2003, les propriétaires de piscines privées de plein air doivent les pourvoir d'un dispositif de sécurité normalisé destiné à prévenir les noyades.
Cette obligation concerne les piscines enterrées (totalement ou partiellement), mais pas les piscines gonflables ou démontables posées sur le sol, ni celles situées dans un bâtiment (piscines intérieures).

Elles doivent être équipées, avant la première mise en eau, d'une barrière de protection (Norme NF P90-306), ou d'un système d'alarme (Norme NF P90-307), ou d'une couverture de sécurité (Norme NF P90-308), ou d'un abri de piscine (Norme NF P90-309).
En outre, le constructeur ou l'installateur doit fournir avant la réception de la piscine une note technique précisant les caractéristiques et les modalités de fonctionnement du dispositif mis en place, et informant le propriétaire sur les risques de noyade, les mesures de prévention à appliquer, et les recommandations concernant l'utilisation du dispositif de sécurité.

Elles devront être équipées de la même façon avant le 31 décembre 2005. Les propriétaires disposant déjà d'un dispositif de sécurité devront s'assurer avant cette date de sa conformité aux normes et, à défaut, le remplacer.
Attention : si l'habitation fait l'objet d'une location saisonnière, le dispositif de sécurité devra être installé avant le 1er mai 2004.
Le non respect de ces dispositions expose le contrevenant à des conséquences civiles et des sanctions pénales particulièrement lourdes (amende de 45000€).

Depuis le 1er juin 2006, les vendeurs sont soumis à l'obligation d'informer les acquéreurs sur les risques naturels et technologiques majeurs. Dans les communes concernées (289 des 353 communes du Gard), chaque vendeur a l'obligation de remplir un état des risques naturels et technologiques.
Cette obligation s'applique aux biens bâtis comme non bâtis, et s'impose dès la signature de l'avant-contrat.
Par ailleurs, le vendeur d'un bien bâti doit déclarer par écrit et sur papier libre si, durant le temps où il a été propriétaire ou auparavant s'il en a été informé, son bien a fait l'objet d'une indemnisation au titre d'au moins un arrêté de catastrophe naturelle ou technologique selon les disposition du Code des assurances.

Depuis la loi Engagement national pour le logement (juillet 2006), le vendeur doit également faire établir un diagnostic de la performance énergétique du bien d'habitation vendu. Il vient s'ajouter à la (longue) liste qui précède.

Si le bien est récent et vendu après achèvement, le vendeur doit fournir un certificat de conformité, qui atteste du respect des stipulations du permis de construire, ainsi que des règles d'urbanisme applicables.
Pour tout bien de moins de 10 ans, il faudra s'assurer de la situation concernant l'assurance-construction, le vendeur devant fournir le certificat d'assurance ainsi qu'une attestation de paiement de la prime.
Le vendeur qui a fait construire en tant que maître d'ouvrage doit en effet avoir souscrit une assurance dommages-ouvrage selon la loi du 4 janvier 1978. Il est à noter que pour les particuliers qui construisent pour eux-mêmes, le non-respect de cette obligation n'est assorti d'aucune sanction.
Il est bon de préciser les références du contrat d'assurance dans les divers documents contractuels.

Une transaction immobilière ne devient définitive qu'à la signature de l'acte authentique, chez le notaire. Celle-ci est précédée par la signature entre le vendeur et l'acheteur d'un avant-contrat qui constate l'intention de vendre et d'acheter.
On rencontre couramment deux types principaux d'avant-contrat :
L'acompte peut être versé à l'agent immobilier ou au notaire.
L'avant-contrat peut être établi sous seing privé, mais peut aussi être signé en la forme authentique, devant notaire.

Lors de l'acquisition d'un bien immobilier à usage d'habitation, l'acheteur dispose d'un droit de rétractation ou de réflexion.
L'avant-contrat signé doit lui être notifié par lettre recommandée avec accusé de réception (ou tout autre moyen présentant des garanties équivalentes). À compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée, l'acheteur dispose d'un délai de 7 jours pour se rétracter. Durant cette période, le vendeur ne peut réclamer aucun versement à l'acheteur, contrairement à un agent immobilier. Lorsque l'acheteur fait jouer son droit de rétractation, l'agent immobilier doit restituer les fonds versés dans un délai de 21 jours.
Un délai de réflexion de 7 jours s'applique également lorsque l'avant-contrat est établi par un notaire.
Ces dispositions découlent de la loi "Solidarité et renouvellement urbains" (SRU) du 13 décembre 2000.

Lors de la transmission d'un bien immobilier, des tiers peuvent exercer leur droit de préemption, c'est-à-dire qu'ils ont la possibilité de se substituer à l'acheteur.

Les collectivités locales, communes, groupements de communes, départements, régions, peuvent s'opposer à la transaction en exerçant leur droit de préemption.

Le locataire du bien vendu peut dans certains cas bénéficier d'un droit de priorité :
Si la vente est conclue avec le locataire en place et non pas avec un acquéreur présenté par l'agent immobilier, ce dernier ne peut prétendre à aucune rémunération.
Des dispositions particulières visent à la protection des locataires âgés de plus de 70 ans, et dont les ressources sont inférieures à 1,5 fois le montant annuel du SMIC, avec notamment une obligation de relogement.

Lorsque la ou les conditions concernées sont réalisées, elles entraînent l'annulation pure et simple de l'avant-contrat.

Les effets de l'avant-contrat se trouvent suspendus.
Dans la plupart des cas, l'avant-contrat est assorti d'un certain nombre de conditions suspensives. Elles devront être réunies afin que la transaction aboutisse. L'agent immobilier a un devoir de conseil en la matière.
Les conditions suspensives les plus courantes sont :
Dans le cas où l'avant-contrat, par le jeu de clauses résolutoires, ou par la non-réalisation de conditions suspensives n'aboutit pas à la concrétisation de la transaction, l'agent immobilier ne peut prétendre à aucune rémunération.

Le compromis de vente est souvent signé avant que l'acheteur ait obtenu le ou les financements dont il a besoin. La condition suspensive de leur obtention est valable au minimum un mois.

Dans le cas où l'acheteur ne compte pas recourir à un emprunt, il doit l'indiquer de façon manuscrite dans l'avant contrat, en précisant qu'il a eu connaissance des dispositions de la loi du 13 juillet 1979 (dite loi Scrivener), et qu'il a renoncé à les invoquer.

C'est l'étape qui finalise la transaction. L'acte de vente peut être établi indifféremment par le notaire du vendeur ou de l'acheteur.
Il est aussi possible d'impliquer les deux notaires. Dans ce cas, les honoraires seront partagés entre le notaire du vendeur et celui de l'acheteur.
Après la signature de l'acte, le notaire se charge de l'ensemble des formalités nécessaires :



Les frais de mutation se composent de plusieurs éléments :
La vente d'un logement achevé depuis moins de 5 ans, s'il s'agit de la première mutation avec une personne autre qu'un marchand de biens, est assujettie à la TVA.

Ce sont principalement :


Il s'agit le plus souvent des droits d'enregistrement tels que pour les biens bâtis.
La transaction reste toutefois soumise à la TVA lorsque l'acquéreur est autre qu'un particulier souhaitant faire construire une maison individuelle.

Ces frais ne s'appliquent pas dans tous les cas. Les frais de bornage doivent être inclus dans le prix d'achat lorsque le terrain fait partie d'un lotissement. L'étude de sol est le plus souvent facultative. Lorsque l'acquéreur souhaite la faire réaliser, il doit en prendre le coût à sa charge.
Le bornage est réalisé par un géomètre-expert ; il consiste à délimiter les propriétés contiguës.
L'avant-contrat doit préciser si le terrain concerné a fait ou non l'objet d'un bornage.

Les collectivités locales soumettent la délivrance du permis de construire à des taxes et redevances qui varient selon la commune ou le département. Les plus courantes sont :
En outre, le coût des divers branchements et raccordements est à prendre en compte dans le chiffrage du projet : eau, électricité, gaz naturel, téléphone, tout-à-l'égout notamment.
Dans un lotissement, les taxes et redevances ont été préalablement acquittées par le lotisseur et répercutées dans le prix du terrain.

Il s'agit principalement :